Thèses soutenues

Liste des thèses soutenues ces dernières années avec un court résumé des travaux. Les documents complets sont disponibles, en consultation, au CERAMAC.

Xavier Badan

Coordination d’acteurs et changement des systèmes d’élevage dans des territoires à fortes contraintes environnementales et paysagères

Thèse soutenue le 8 mars 2017

Résumé

Qu’est-ce qu’un paysage patrimonial ? C’est un nouveau regard porté par des acteurs sur un paysage qui, selon la définition de Lévy et Lussault (2003), « est censé mériter d’être transmis du passé, pour trouver une valeur dans le présent ». C’est « un ensemble d’attributs, de représentations et de pratiques fixés sur un objet non contemporain […] dont est décrété collectivement l’importance présente, intrinsèque (ce en quoi cet objet est représentatif d’une histoire des objets de société) et extrinsèque (ce en quoi cet objet recèle des valeurs supports d’une mémoire collective), qui exige qu’on le conserve et le transmette ». Un paysage patrimonial se construit autour d’éléments simples. Il est tout d’abord un espace, c’est-à-dire une entité géographique délimitée, dans laquelle on trouve des espèces biologiques qui se développent sur un socle et qui, mises ensemble, forment l’environnement. L’espace devient paysage lorsqu’il fait l’objet d’un regard par les sociétés qui connaissent cet environnement, l’exploitent et l’intègrent dans leur culture. Il peut s’agir des acteurs vivant dans l’environnement ou extérieurs à celui-ci et qui possèdent un intérêt à le connaître.

Afin de construire leur définition du paysage, ces personnes s’organisent en groupes, ou « acteurs collectifs », et tentent de communiquer entre eux. Cependant, chaque acteur construit une représentation du paysage autour d’un point spécifique de ce dernier. Puisqu’elles en éclairent des facettes bien distinctes, toutes ces représentations sont différentes et pourtant elles concernent bien un seul et unique paysage. C’est ainsi que, pour un paysage de moyenne montagne, il est possible d’avoir d’un côté des acteurs qui s’organisent autour de l’élevage agro-pastoral, d’un autre côté des acteurs qui s’intéressent à l’aménagement du territoire ou encore des acteurs qui possèdent un regard récréatif sur les hautes terres. Lorsqu’il s’agit de réaliser une action qui aura un effet sur cet espace commun, les acteurs se mettent à interagir au sein d’un « réseau collectif ». L’action peut alors faire l’objet de négociations, de tensions, de conflits, d’un accord ou d’un abandon en fonction de la réaction de chacun. Toutefois, que l’action ait été portée jusqu’à son aboutissement ou bien qu’elle ait été abandonnée, les acteurs ont échangé leurs regards au sujet du paysage pendant toute la phase d’interaction. Donc, au fur et à mesure des actions réalisées sur l’espace, les acteurs construisent un regard commun du paysage que l’on qualifie de « représentation collective ».

Le paysage patrimonial est également rattaché à la notion de patrimoine. Dans ce sens, pour certains aspects de ce paysage, il est attribué une nouvelle valeur qui doit être transmissible aux générations à venir. Et comme tout objet de valeur, le paysage patrimonial éveille l’intérêt de nouveaux acteurs. Contrairement à un objet matériel, le paysage est difficilement quantifiable. L’acquisition pour ce dernier d’une valeur patrimoniale demande donc un processus complexe qualifié de « processus de patrimonialisation ». Ce processus n’a rien d’anodin pour les acteurs présents, il perturbe la représentation collective qui avait été créé au fur et à mesure de leurs échanges. De plus, l’arrivée de nouveaux acteurs demande une réorganisation du réseau collectif où la place de chacun se trouve modifiée. Enfin, de nouvelles actions, relatives à l’aspect patrimonial de l’espace, voient le jour. Dans ce désordre social, les acteurs vont lutter pour faire valoir leur représentation du paysage, afin que celle-ci soit intégrée dans la nouvelle représentation collective. Dans ce contexte, notre thèse pose la problématique suivante :

En se situant à l’échelle d’un territoire qui subit une transformation du regard vers un contexte patrimonial, dans quelle mesure les acteurs agricoles et non-agricoles se coordonnent-ils et construisent-ils une nouvelle représentation collective axée sur le maintien de l’élevage, l’utilisation de l’espace et la gestion du paysage ?

Pour répondre à cette problématique, nous avons mobilisé les réseaux d’acteurs agricoles et non agricoles existant sur deux sites dans le Massif central (les Causses et les Cévennes et la Chaîne des Puys – faille de Limagne) qui sont inscrits ou en recherche d’inscription au patrimoine mondial de l’UNESCO. Ces deux sites montagnards s’inscrivent donc dans un fort processus de patrimonialisation où l’élevage a été officiellement reconnu comme nécessaire au maintien de la valeur de ces nouveaux territoires patrimoniaux. Après une rapide description des deux sites, nous avons expliqué notre positionnement en ce qui concerne l’aspect collectif plutôt qu’individuel dans la construction d’une représentation du paysage et autour de l’organisation et de la gestion de ce dernier. Nous avons ensuite construit une méthodologie qui s’inspire de cet apport théorique. Grâce à elle, nous avons su mener une centaine d’enquêtes qui nous ont permis d’identifier et d’analyser sur les sites les deux réseaux dans lesquels les acteurs collectifs s’organisent pour intégrer ce nouvel enjeu patrimonial dans leur représentation du paysage. Cette organisation en réseau se concrétise autour d’une série d’actions destinées, en outre, à la gestion du patrimoine, mais aussi au soutien de l’élevage et à la valorisation de la production agricole. Ainsi, nous constatons que le processus de patrimonialisation contribue indirectement, en influençant la représentation collective de l’espace agricole, à l’évolution des pratiques agricoles qui sont elles-mêmes responsables de la construction de l’espace.

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Aurore Mirloup Bonniot

Imaginaire des lieux et attractivité des territoires, une entrée par le tourisme littéraire

Thèse soutenue le 7 octobre 2016

Résumé

Comment l’imaginaire des lieux issu de la littérature contribue-t-il à valoriser un territoire ? À l’heure où des territoires ruraux, soucieux de renforcer leur attractivité, mènent des actions visant à renouveler leur image, la littérature patrimonialisée peut être considérée comme une ressource : maisons d’écrivains, routes ou sentiers littéraires contribuent ainsi à l’inscription territoriale d’une littérature et de ses imaginaires. Cette thèse s’intéresse à l’invention de tels lieux, à leur animation et à leur intégration territoriale. Elle traite aussi de leur réception et de leur appropriation par les habitants et les touristes. Une analyse statistique des maisons d’écrivain en France dresse une typologie qui souligne les spécificités structurelles, spatiales et organisationnelles de ces lieux polymorphes. En complément, des études de cas renseignent sur la singularité de la relation entre l’auteur et le lieu, et sur la dynamique de la maison en tant que projet de territoire multi-acteurs. Deux méthodes sont mises en œuvre afin de saisir les représentations des visiteurs : une enquête par questionnaire, prolongée par l’analyse d’une voie plus créative et sensible d’expression, les livres d’or. L’analyse des questionnaires souligne la diversité des motifs de visite, non exclusivement littéraires. L’étude des livres d’or met en évidence la dimension immersive d’une expérience où les émotions vont à la rencontre des souvenirs et des imaginaires. Une typologie multiscalaire de parcours littéraires est ensuite réalisée, enrichie par des études de cas. Du Berry à la Provence, des Cévennes au Québec en passant par le Livradois, des parcours littéraires proposent de découvrir une région en compagnie d’un écrivain et de personnages imaginaires. Transcendant l’habituelle démarcation entre le réel et la fiction, ils redéfinissent ainsi la notion d’authenticité. L’ensemble des éléments analysés dans la thèse concourt à qualifier une forme de tourisme combinant connaissance, imaginaire et expérience des lieux, dressant les contours d’une nouvelle pratique touristique de l’espace : celle d’un tourisme littéraire tourné sur l’itinérance et la créativité.

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Edlira Kola

Pauvreté paysanne et diversification des ressources dans les campagnes albanaises

Thèse soutenue le 7 septembre 2016

Résumé

L’objectif du travail est de décrire et d’analyser la dynamique de transformation des campagnes albanaises dans une économie en transition. Les multiples formes d’adaptation des paysanneries confrontées aux difficultés, la recherche de nouvelles ressources et d’une pluriactivité familiale, les interactions entre logiques d’acteurs et structures de marché, constituent plus largement un indicateur et un révélateur pertinents des dynamiques socio-spatiales de l’espace rural albanais.

Au cours des années 1990, les campagnes albanaises ont traversé d’importantes mutations avec le démantèlement des domaines collectifs et la privatisation de leurs biens, même si les processus ont été variés dans l’espace en fonction de dynamiques collectives ou du jeu des rapports de forces entre les différentes familles au sein des villages.

La marginalisation de certains territoires restés à l’écart de la relance économique comme l’accroissement des inégalités sociales et la situation d’appauvrissement de nombreux ruraux ne doivent pas faire oublier les dynamiques positives du changement (progrès en matière d’équipement, d’infrastructures et de services ; diversification des ressources rurales ; nouveaux projets de développement locaux). Cette ambivalence des mutations socio-spatiales conduisent à nous interroger sur les différentes modalités de la recomposition. D’un côté, des campagnes « en restructuration », souvent en position littorale, mieux intégrées et que l’on pourrait qualifier de « multifonctionnelles », avec un réel potentiel de développement endogène (y compris agricole), une certaine attractivité (accueil de nouvelles fonctions comme l’artisanat, le tourisme ou les services dans les bourgs ou petites villes) et une intégration prometteuse aux pôles urbains ; de l’autre côté, des territoires « en stagnation ou en repli, stigmatisés par la précarité, l’exclusion sociale », avec une agriculture encore dominante (mais avec des exploitants placés en retrait des circuits économiques et sociaux).

La problématique impose de prendre en compte les ménages et les acteurs individuels, leurs stratégies, leurs pratiques et leurs modes d’organisation. La méthode suivie est assez classique en géographie en étant fondée sur la comparaison entre les territoires et les pratiques d’acteurs, et sur la dialectique enquêtes de terrain/travail statistique et cartographique.

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Tahar Jaouachi

Les enjeux de l’olivier en situations urbaine et périurbaine : nouvelles constructions territoriales et prospectives. Cas du cordon littoral Centre–Sud tunisien

Thèse soutenue le 12 juillet 2016

Résumé

Alors que de nouveaux usages des espaces ruraux se développent sous l’effet combiné des dynamiques urbaines et touristiques, la question de l’effet de l’urbanisation sur les oliveraies du littoral tunisien est questionnée. L’hypothèse de base est que le développement économique et touristique important, associé à une urbanisation peu planifiée, met en danger l’oléiculture du littoral Centre-Sud tunisien, culture stratégique dans l’économie et la société du pays. L’objectif de la thèse est de comprendre les places (spatiales, économiques, culturelles, paysagères, etc.) du système de l’olivier. Il s’agit d’étudier les enjeux de l’olivier en situations urbaine et périurbaine.

Dans une première partie est exposée la démarche conceptuelle, méthodologique et pratique qui permet d’appréhender les enjeux de l’agriculture urbaine et périurbaine et de l’olivier.

Le concept du système de l’olivier est alors inscrit dans un méta-système littoral territorial afin de rendre compte des temporalités, du jeu des acteurs locaux publics et privés autour de la place et des fonctions de l’activité oléicole. Ce concept est à la base de l’analyse systémique de l’oléiculture littorale urbaine et périurbaine du cordon littoral, dont les résultats sont développés pour saisir les facteurs de résistance et les nouvelles valeurs de l’olivier. Il est tout d’abord montré comment les interactions dynamiques entre des événements d’ordre démographique, socio-économique et politique ont conduit à transformer l’espace oléicole littoral en espace mixte, agricole, urbain et touristique. Mais, les transformations spatiales et les dynamiques agri-urbaines, conjuguées aux évolutions culturelles des populations locales se traduisent par l’émergence de nouveaux rapports, non seulement contradictoires, mais aussi reliés : environnementaux, patrimoniaux, paysagers, etc. Dans cette perspective, les notions de ressources paysagères et patrimoniales deviennent un nouveau point de recherche pour saisir les atouts et les limites des processus mis en œuvre. Ceci oriente la recherche vers des questions nouvelles, notamment celle de la valorisation territoriale qui s’appuient sur les potentialités et les nouvelles valeurs de l’olivier (patrimoniale, paysagère et économique), tout en tirant profit du développement touristique sur le littoral.

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Julien Dupoux

Production et exercice du pouvoir en milieu paysan

Thèse soutenue le 10 décembre 2015

Résumé

Pris, a priori, entre des institutions hiérarchisées, verticales, normatives et contraignantes, et entre un travail perçu comme dur et prenant, où peut se situer l’espace de pouvoir du paysan.

Peut-être faut-il savoir quel « paysan » l’on veut être, car l’activité est large et la façon dont on la pense n’est peut-être pas indépendante du type de pouvoir que l’on peut avoir – ou pas – sur sa propre vie ?

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Sabine Chabrat-Michel

Impacts des conditions territoriales sur la mise en place et le développement des démarches collectives de valorisation de la viande bovine en zones de moyenne montagne auvergnate

Thèse soutenue le 25 septembre 2015

Résumé

Produire de la viande est une activité qui pose aujourd’hui question et cela à différentes échelles, internationales, européennes et françaises ou encore locales (Charvet, 2010). L’élevage est au cœur de débats mettant face à face les externalités positives et négatives qu’il génère d’un point vue économique, environnemental et social. À l’échelle internationale, la problématique de la sécurité alimentaire en termes de volume de production et de qualité nécessite de s’interroger sur comment produire plus et mieux. Les logiques divergent selon les zones géographiques, à l’échelle européenne par exemple, une des conditions du « produire plus » est de favoriser la durabilité des systèmes et la préservation de l’environnement. La production de viande, souvent montrée du doigt pour ses émissions importantes de gaz à effet de serre (Steinfeld et al., 2006), sa pression négative sur les ressources naturelles telles que la terre et l’eau, est également source de services positifs (Le Roux et al., 2008) tels que l’entretien des puits de carbone et le maintien des réservoirs de biodiversité. A l’échelle locale l’élevage joue un rôle primordial dans la conservation d’une mosaïque paysagère ouverte ainsi que le maintien d’une économie locale ; c’est plus particulièrement le cas de la production de bovins allaitants qui est reconnue pour son importance dans l’occupation et la valorisation du territoire. Afin d’observer plus localement les liens existants entre l’élevage bovin allaitant et le territoire, nous nous focalisons alors sur la « plus grande prairie de France » mais également la première région productrice de viande bovine, avec 12% du cheptel français de vaches allaitantes, c’est-à-dire l’Auvergne.

Du point de vue de l’occupation du sol, cette région est caractérisée par une prépondérance des zones de moyenne montagne, 61 % de la SAU (DRAAF., 2012 (1)), qui génère des particularités en termes de ressources disponibles mais également de conduite de système vis-à-vis des assolements, des races adaptées ou bien des modes de récolte par exemple. Avec 62% de la SAU toujours en herbe, la ressource herbagère est à la base de la production bovine allaitante en zone de moyenne montagne (pâturage, foin …) et offre un régime alimentaire spécifique qui confère à la viande une qualité et une tendreté particulière (Hocquette et al., 2005). Pour maintenir une production basée sur l’herbe, certains éleveurs de bovins allaitants font le choix de se coordonner afin d’être en mesure de commercialiser et valoriser leurs produits. Pour se faire, comme l’expriment Sauvée et Valceschini (2004), les producteurs doivent se démarquer en s’appuyant soit sur la qualité des produits alimentaires qui est devenue un instrument de différenciation (Schermer, 2011) et de création de valeur (Paus et Reviron, 2010), soit sur le lien au territoire qui offre une typicité plus difficilement concurrençable. Plusieurs travaux montrent l’importance de la dimension collective au sein de ces démarches de commercialisation et de valorisation des produits à travers l’association de divers acteurs de la filière et du territoire (Mormont, 2001). Pour la filière bovine allaitante plus particulièrement, la dimension collective est importante à prendre en compte puisqu’elle se matérialise à toutes les étapes du cycle du produit et varie selon les débouchés, que ce soit lors de la production (entre éleveurs, organisations de producteurs…), de la transformation (entre coopératives, abattoirs, ateliers de découpe) ou encore de la distribution (entre bouchers, GMS, éleveurs…).

Cependant, après avoir réalisé un premier tour d’horizon des démarches collectives existantes en Auvergne concernant la valorisation/commercialisation de la viande bovine, on se rend compte qu’elles n’évoluent pas toutes de la même manière et qu’elles sont réparties inégalement sur le territoire. On s’interroge donc sur ce qui impacte et conditionne ces actions ainsi que leur distribution spatiale et cela nous amène à nous poser la question suivante : « Comment le territoire, au travers de ses conditions territoriales, impacte-t-il dans l’émergence et le développement des démarches collectives de commercialisation et valorisation de la viande bovine ? ».

Pour se saisir de cette question, nous choisissons de faire appel aux sciences géographiques construites sur l’étude de l’espace d’une société. Plus particulièrement, nous ferons appel à la géographie sociale pour étudier les rapports entre rapports spatiaux et rapports sociaux (Di Méo et Buléon, 2005), la géographie agricole et rurale afin d’observer les interactions entre l’espace géographique, l’activité d’élevage et les acteurs du territoire (Tafani, 2010) et enfin la géographie économique pour se saisir des questions de commercialisation et valorisation, des logiques de filières ainsi que de la proximité.

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Hannen Maalli

Le développement du tourisme en Tunisie et la contribution au développement durable

Thèse soutenue le 8 juin 2015

Résumé

L’idée générale de mon travail est d’évaluer la situation actuelle du secteur touristique en Tunisie, qui est considéré comme un secteur clé du développement socioéconmique.

Le développement de ce secteur touristique générateur de richesses ne doit cependant pas proliférer au détriment des ressources naturelles, qui ne sauraient être exploitées sans précautions. En effet, la perte de valeurs naturelles et culturelles représenterait en quelque sorte une agression à la mémoire du pays. Les richesses devront au contraire être exploitées dans le cadre d’une gestion stricte et réglementée.

Pour ce faire, la Tunisie semble avoir renoué avec d’autres notions, notamment le développement durable. Cette notion s’intègre donc dans un cadre global de projet de société, où la stratégie de développement est souvent équilibrée. Elle concilie à la fois les domaines économiques, sociologiques et écologiques, et assure également un développement aux populations sans pour autant mettre en péril le développement des générations futures.

S’inscrivant dans cette logique, l’état tunisien a envisagé diverses approches territoriales du développement durable tels que :

  • l’élaboration des plans directeurs d’aménagement pour les zones littorales surchargées (Djerba - Sousse –Hammette…) ;
  • la diversification du produit touristique et la promotion d’autres types de tourisme (tourisme oasien et saharien au sud, écotourisme et tourisme rural au nord) ;
  • la mise en place d’une réglementation financière et fiscale pour limiter les rejets du secteur sur l’environnement.

C’est pourquoi, pour tenter de comprendre ces notions et leur complexité, il convient de s’interroger sur les implications territoriales du tourisme et du développement durable en Tunisie et plus spécifiquement dans la région du Sud-Ouest « Tozeur ».

Le développement dans le sud Tunisien se concevait au début du vingtième siècle sur la base de l’exploitation de ses ressources minières et plus particulièrement les phosphates. Cette notion de développement a trouvé dans la Tunisie de l’indépendance une nouvelle orientation dans le cadre d’une perspective qui vise le progrès social en même temps que le développement économique. Les pouvoirs publics se sont vite rendus compte que ce développement passe par la sédentarisation des populations nomades et semi-nomades, ainsi que par la mise en valeur agricole et le tourisme.

La concrétisation du développement touristique en tant que moyen de progrès social et économique de la région n’a commencé à devenir une réalité qu’avec le choix de la planification économique à l’échelle du pays. Pour que ces territoires acquièrent un certain niveau de développement et intègrent l’économie nationale de leur pays, le gouvernement tunisien a décidé de mettre en valeur les potentialités touristiques de leurs oasis, à travers une stratégie qui vise le développement régional du sud tunisien par l’introduction d’une activité économique moderne qui favorise le rattrapage des retards d’équipements et d’infrastructures et qui génère des effets bénéfiques sur les autres secteurs de l’économie régionale.

Le choix du tourisme dans ces régions en tant que facteur de développement a pointé cinq objectifs de nature socio-économique qui se traduisent systématiquement par des effets directs et indirects sur l’économie régionale et nationale. Le développement accéléré de la région doit être en fait le résultat ultime de tous ces effets : création d’emplois, intensification de l’artisanat local, du commerce et du transport spécifiques, et ensuite augmentation du produit national par un important apport de devises.

Pour réaliser ces objectifs ambitieux, le sud tunisien ne manque pas d’atouts. Les plus importants étant la proximité du marché touristique européen et l’exceptionnelle diversité du produit : les oasis de Tozeur et de Kébili, considérées parmi les plus belles du monde, le Chott Djérid, avec sa façade translucide sous l’effet des cristaux salines, ce désert de sable aux nuages exceptionnels en passant par les Ksours de Tataouine et les villages berbères de Chenin et Douiret, sans oublier les oasis de montagne de Tamerza, Chebikha et Midés.

Néanmoins, le tourisme qui s’y développe est souvent peu adapté aux territoires oasiens et sahariens.

Il est de ce fait nécessaire de mettre en place un tourisme oasien et saharien fondé sur des projets ascendants et participatifs, une réglementation précise et une contractualisation entre les collectivités locales et les professionnels du tourisme.

« Le tourisme saharien n’est pas n’importe quel tourisme. Au Sahara, c’est le contexte qui est primordial ; la consommation du touriste est essentiellement symbolique puisque la première jouissance est celle du regard sur les gens et les choses, le silence et l’immensité. » (Rachid Sidi Boumediene ; Le Sahara des cultures et des peuples : Vers une stratégie pour un développement durable du tourisme au Sahara dans une perspective de lutte contre la pauvreté ; L’UNESCO ; P:7 ; Paris, Juillet 2003)

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Nizar Hammed

Le tourisme rural au service du développement régional en Kroumirie (Tunisie). Entre potentialités locales et réalités du développement durable

Thèse soutenue le 22 mai 2015

Résumé

Le tourisme balnéaire tunisien, tel qu’il a été conçu, perd de la vitesse depuis quelques années et montre ses limites puisque les touristes sont de plus en plus insatisfaits de la qualité de l’environnement. Il ne peut plus se restreindre à cet unique produit en raison de la concurrence de plus en plus aiguë (Turquie, Italie, Espagne, Grèce…). De surcroît, le contexte international incertain (attentats, guerres...) contraint une part de la clientèle à privilégier des destinations « à leurs yeux plus certaines » comme l’Italie ou la Grèce. Dès lors, la Tunisie a commencé à diversifier ses produits touristiques afin de laisser une place plus importante à l’écotourisme.

L’apparition de cette nouvelle tendance touristique permet la valorisation des atouts naturels, socioculturels et paysagers de certaines régions. Elle assure des emplois et des revenus aux populations locales, des devises au gouvernement, sans menacer pour autant les ressources naturelles. Correctement géré et planifié, l’écotourisme peut permettre a une région et à tous ses acteurs locaux (population locale, investisseurs, Etat…) de se développer.

L’écotourisme assure la protection de l’environnement et la sauvegarde des espaces verts et archéologiques tous en laissant la place au tourisme proprement dit. Compte tenu de ses paysages naturels très diversifiés, de sa faune et de sa flore remarquable, la région de la Kroumirie, situé au Nord-Ouest de la Tunisie, commence à attirer les « nouveaux touristes » amoureux de la nature. Depuis plusieurs années cette région est devenue la préoccupation des associations et organisations nationales et internationales afin qu’elle devienne un pôle écotouristique incontournable. En effet la région dispose d’une multitude de potentialités naturelle tels que les montagnes, les plages, les réserves, un parc naturel… C’est sous cet angle là que la région va être présentée dans ce travail, en mettant en avant ces potentialités éco touristiques.

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Adélaïde Schindler Hamiti

Thèse soutenue le 24 juin 2014

Résumé :

Suite à une commande du Comité de Massif central, j’ai entrepris une thèse de géographie en 2009, pour trois ans. Elle est réalisée en entreprise, à l’Agence Régionale de Développement des Territoires d’Auvergne (ARDTA), co-encadrée par le laboratoire de recherche CERAMAC de l’université Blaise-Pascal de Clermont-Ferrand. Le thème de la thèse porte sur l’offre de soins, l’attractivité et le développement des territoires de moyenne montagne, un sujet appliqué aux territoires du Massif central. La thèse est fondée sur un angle d’approche territoriale dans le cadre du développement local et de l’aménagement du territoire. Elle est co-financée par l’Etat (ANRT) et les régions du Massif central. Ce financement implique un travail de collaboration étroit avec les acteurs de l’aménagement et de la santé du Massif central.

Le Massif central est un territoire de moyenne montagne, la moitié des communes sont situées entre 500 à 1 400 mètres d’altitude. Il possède une faible densité de population, avec une moyenne de 44,5 hab./km² contre 107 hab./km² en France, et 54 % de ses communes comptent moins de 20 hab./km². Le Massif est majoritairement rural, composé d’un habitat dispersé et d’un réseau urbain de petites villes assez dense, avec peu de grandes villes (Clermont, St-Etienne et Limoges).

Ces territoires, caractérisés par une population vieillissante et un manque d’accessibilité, souffrent d’une faible attractivité pour les professionnels de santé libéraux et connaissent des problèmes d’accès à l’offre hospitalière, dans un contexte de « reconcentration » des moyens et des services. Le Massif central est doté d’une politique interrégionale de Massif depuis 1975 avec le premier plan Massif pour le désenclavement et 1985 avec la loi Montagne, pour la prise en compte des spécificités du développement des zones de montagne. Les limites administratives du Massif central comprennent 6 régions, 22 départements, 374 communautés de communes et 4 072 communes. Les trois axes stratégiques de développement sont la création de richesses, l’accueil de nouvelles populations, l’accessibilité et la mobilité. Depuis 2007, les membres du comité de Massif ont souhaité impulser une réflexion et des actions sur la santé au niveau Massif central.

Au sein de la géographie de la santé, on relève deux grandes postures scientifiques qui ne sont pas déconnectées l’une de l’autre. C’est d’une part l’analyse spatiale de l’état de santé des populations, on parlera d’une approche plus épidémiologique (recherche des phénomènes spatiaux de diffusion de pathologies…) et, d’autre part, l’analyse de la répartition des services de soins et l’adéquation de l’offre et des besoins (Henri Picheral, 2003).

Dans mon travail de thèse, c’est la deuxième approche, celle de la présence et de l’accessibilité des services de soins qui est développée. La santé relève d’une compétence de l’Etat. Elle est inscrite dans le préambule des Droits de l’Homme. L’accès pour tous à l’offre de soins doit être garanti par l’Etat.

Plusieurs politiques gouvernementales se sont succédé. Aujourd’hui, les collectivités locales, de par leur intervention politique transversale et globale et face à des difficultés d’offre de soins sur leurs territoires, initient des actions en matière de santé. Elles interviennent à la fois sur des questions de santé publique et de répartition des services de soins. Nous posons comme hypothèse principale que les services de santé contribuent à l’attractivité et au développement des territoires. L’objectif est d’analyser les articulations entre les politiques institutionnelles de l’Etat et les initiatives des collectivités territoriales et locales. Ce travail s’applique aux territoires du Massif central.

L’originalité de ce travail de thèse réside dans l’intérêt porté sur les méthodes, les outils et les modes d’animations et d’actions des collectivités locales. Il est original également par le choix du terrain d’étude, interrégional et de moyenne montagne.

La question de la démographie médicale est pour beaucoup une question de répartition des professionnels de santé, mais aussi de leurs organisations et de leur coordination. La forte tendance du non remplacement des professionnels, surtout des généralistes, et la crainte d’une désertification médicale, ont constitué les motivations premières à l’intervention des collectivités dans le domaine de la santé. J’étudie les actions mises en oeuvre par les collectivités qui concourent au maintien et au développement de l’offre de soins. Un travail d’enquête est réalisé sur différentes thématiques cibles ; les modalités d’accompagnement des pôles et des maisons de santé, les schémas de santé à l’échelle des pays, les réseaux territoriaux de santé, la promotion et le soutien à la télésanté.

L’évolution de la gouvernance avec la mise en place des Agences régionales de santé apporte également des changements en matière de politique de santé en France à prendre en compte dans l’organisation de l’offre de soins.

L’objectif de la thèse est de pouvoir apporter notamment de l’innovation dans le domaine de l’ingénierie de projet de santé sur les territoires, plus particulièrement dans les territoires de moyenne montagne peu denses et ruraux. Cette thèse est une contribution à la question du territoire devenue nécessaire et incontournable dans le système de santé aujourd’hui.

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Ephantus Kihonge

Thèse soutenue le 15 février 2014

Résumé :

Dans les pays en développement, les liens sont étroits et multiformes entre le développement urbain et les économies rurales. Dans les régions de montagnes, notamment en Afrique de l’Est, les espaces sont fortement interdépendants . travers les relations commerciales, les déplacements de personnes, les flux de productions, selon des échelles géographiques et temporelles variables. Des logiques de continuum, de gradient, voire de rupture, sont à l’œuvre. Dans ce contexte, le rôle joué par les Petites et Moyennes Entreprises (PME) reste encore largement . démontrer, notamment leur place dans la structuration des flux de produits et de personnes (exemple des petits entrepreneurs commerçants, des transporteurs faisant la navette entre zones de production, de commercialisation et de consommation, etc.). La place des petites villes dans ce processus d’intégration territoriale est importante, car elles jouent souvent le rôle de premier relais et d’interface préférentiel entre les économies urbaines et rurales. L’approche par les PME permet d’appréhender le rôle de l’initiative individuelle et collective (voire communautaire) dans la dynamique de développement territoriale, mais également d’analyser les actions mises en place (ou non) pour favoriser l’entrepreneuriat, par les autorités publiques et les organisations non gouvernementales (accès au microcrédit, etc.). Le terrain choisi est la province du Central Kenya, région du Mont Kenya et des Aberdares, avec les petites villes de Sagana et Karatina comme zone d’étude privilégiée. C’est une zone de fortes densités de peuplement, . l’économie rurale voire agricole bien structurée mais en reconversion (économie post-café) et qui dispose d’un réseau urbain hiérarchisé (petites villes d’étude, ville moyenne de Nyeri, proximité relative de la métropole de Nairobi). Les principaux résultats témoignent du rôle dissymétrique joué par les petits entrepreneurs, et à travers eux par les petites villes, dans les relations villes-campagnes. Si leur rôle est crucial dans les flux entrants (approvisionnement des consommateurs urbains et ruraux desservis), il est relativement faible dans les flux sortants, ce qui témoigne des logiques de concurrence exercés par des opérateurs extérieurs (relations directes entre grossistes urbains et producteurs ruraux) mais aussi par des intermédiaires locaux (coopératives, grossistes, etc.).


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Valentin Vaqué

Transférabilité des pratiques et jeux d’acteurs dans des territoires européens à rediversifier. Etude des cas de Bilbao, de Nowa Huta et du Black Country

Thèse soutenue le 7 février 2014

Résumé :

Depuis la seconde révolution industrielle, des territoires urbains se sont fortement industrialisés en basant leur activité économique sur la métallurgie et la sidérurgie ; des secteurs qui sont entrés en crise à partir des années 1970. Depuis les années 1980 pour les précurseurs et les années 2000 pour les suivants, des initiatives ont été mise en place pour inverser la tendance de la pauvreté et du chômage. Elus, habitants, chefs d’entreprises se sont retrouvés impliqués dans des jeux d’acteurs nouveaux en dépassant (parfois) des barrières psycholo¬giques et historiques pour mettre en place des gouvernances nouvelles. Les visions du territoire, par les acteurs locaux, sur son passé et surtout son futur ont été modifiées, ce qui a eu des répercussions sur la vie des habitants mais également sur les relations entre les acteurs du territoire.
Marketing territorial, nouvelles structures de gouvernance, prise en compte de l’attractivité, l’intégration de pratiques du privé dans les politiques de régénération publiques sont autant de phénomènes qui ont affecté ces territoires. En comparant les initiatives de Bilbao en Espagne, de Nowa Huta en Pologne et du Black Country en Angleterre, des modèles d’intervention se dégagent par leur originalité. La diffusion de ces nouvelles pratiques, souvent appelées « bonnes pratiques », pose la question du transfert des politiques de régénération, à l’image de ce qui est régulièrement fait au niveau des politiques monétaires et économiques. Comment transférer ? Pourquoi certaines actions, présentées comme des transferts, échouent-elles ? En quoi l’adaptation et la désacralisation des politiques de régénération sont-elles essentielles ? C’est à ces questions que cette thèse tente de répondre dans un contexte politique et économique qui se pense à l’échelle européenne et où les emblèmes territoriaux sont autant des marques d’attractivité que des chimères.


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Milhan Chaze

Le commerce des petites villes : organisation géographique et stratégies d’aménagement Etude du Centre-est de la France

Thèse soutenue le 17 janvier 2014

Résumé :

Au cours des dernières décennies, le commerce de détail a connu de profondes évolutions. Elles ont largement marqué l’organisation des espaces urbains, et plus largement des territoires qu’ils polarisent. Cette thèse de doctorat se propose d’aborder la question du commerce de détail dans un type d’espace urbain particulier que sont les petites villes, en prenant l’exemple de celles du Centre-est de la France. Dans le cadre des mutations du système commercial et des territoires sur lesquels il s’inscrit, nous avons posé la problématique de l’adaptation des petites villes aux changements provoqués par les Seconde et Troisième Révolutions commerciales. Après avoir démontré que les petites villes, en dépit de certaines originalités liées à leur taille et à leur positionnement dans la hiérarchie urbaine, ont parfaitement été intégrées dans les dynamiques récentes de la fonction commerciale et des comportements d’achat, nous avons vu que cette adaptation varie fortement en fonction du profil démographique, fonctionnel et situationnel des petites villes. La diversité des cas de figure nous a alors amené à nous pencher sur le question du rôle des acteurs publics et privés dans les stratégies locales d’aménagement et de développement commercial, et à la conclusion de la nécessité de coordonner les politiques d’aménagement et de développement commercial avec celles portant sur les autres éléments du système urbain de la petite ville, afin de renforcer leur efficacité. Mots-clefs : petite ville, commerce de détail, Révolution commerciale, aménagement, urbanisme commercial, réseau urbain, fonctions urbaines, Centre-est de la France.


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Hadjou Lamara

Le rôle des milieux innovateurs dans l’émergence des territoires fragiles de moyenne montagne : étude comparative de trois territoires

Thèse soutenue le 12 juin 2012

Résumé

Pendant longtemps, les espaces fragiles et les milieux innovateurs furent considérés comme antinomiques. Il parait en effet très logique d’associer le progrès de quelle que nature qu’il soit aux espaces urbains, déjà pourvus des facteurs les plus à même à assurer au moins un milieu favorable aux innovations et au progrès. Jusqu’ici l’innovation était avant tout considérée sous l’angle technique et technologique, et les entreprises ainsi que les entrepreneurs comme les chefs de fil de ce processus. A partir des années 1980 un tournant majeur s’est produit dans la conception traditionnelle de l’innovation et dans les logiques qui la produisent. L’innovation est désormais perçue comme un processus et non un changement radical des processus de production, et la vision de l’entrepreneur leader seul capable de rompre avec les routines et les fonctions répétitives de production, s’est assouplie au profit d’une vision systémique qui implique que l’innovation provient avant tout des logiques d’interaction et d’apprentissage de plusieurs acteurs territorialisés, regroupés sous le concept de milieu. C’est ainsi que l’innovation est définie comme un processus de changement continu, issu des logiques d’interaction et d’apprentissage du milieu innovateur.

Au-delà du processus technique qui mène à l’innovation, ce sont donc les logiques de création et de fonctionnement de ces milieux qui portent ce processus d’innovation qui attirent notre attention. Ceci nous amène à nous poser la question suivante : comment dans un espace fragile, à priori démuni des ressources nécessaires à l’innovation, peuvent émerger et se développer des milieux innovateurs aptes à enclencher une dynamique de changement, d’évolution et de progrès ? Nous considérons ici le cas de deux espaces fragiles de moyenne montagne qui accueillent une nouvelle infrastructure, pour mesurer le degré de mobilisation des acteurs et identifier si des milieux innovateurs ont pu à cette occasion émerger et donc sont parvenus à profiter de cette opportunité. La définition de l’innovation que nous retenons dans ce travail est celle qui la considère comme un processus de mise en valeur et de spécification et de transformation d’un objet territorial en une ressource, source de développement.


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Boukherouk Mohamed

La mise en tourisme d’un espace oasien fragile et marginalisé, la région de Tafilalet dans le sud-est marocain : enjeux, freins et perspectives

Thèse soutenue le 20 janvier 2012

Résumé

Les espaces sahariens du sud marocain sont des territoires fragiles qui n’ont bénéficié que de peu d’intérêts et d’efforts de développement. Marginalisés, ils vivent depuis des dizaines d’années une situation de fragilité et de déclin. Notre problématique vise à étudier le développement du tourisme en espace présaharien fragile à travers le cas du Tafilalet. Une problématique qui nous met face à plusieurs questions complexes. D’abord celle de la fragilité et de la marginalité, puis celle du développement par le tourisme dans l’espace présaharien et désertique.

Notre étude a visé à faire ressortir les causes de cette fragilité et de cette marginalité, leurs conséquences et comment elles se révèlent dans le territoire ? Cela avant d’aborder le tourisme comme un secteur capable de briser la situation de marginalisation et de permettre une intégration du territoire dans la mouvance de croissance que vit le Maroc. Dans le même ordre d’idée, la nature du tourisme dans cet espace nous impose d’étudier son évolution, sa caractéristique (offre et demande), son organisation, la manière dont il participe à la démarginalisation autant que la part de la population locale dans cette activité touristique et comment elle participe à la fois à la création et à l’enrichissement de l’offre et par effet de conséquence à cette démarginalisation ? Nous avons étudié les tendances naissantes, initiées par la population, qui viennent remplacer le désengagement d’un Etat fortement préoccupé par les équilibres macro-économiques.

Des questions comme la bonne gouvernance et la gestion territoriale participative du développement et des affaires locales nous ont poussés aussi à interroger la place des acteurs locaux dans le développement ? Celle des notables, en particulier, fortement séduits par Rabat et Casablanca. Comment peuvent-ils participer au développement du Tafilalet ? A-t-on besoin pour ce faire d’un organisme de pilotage du projet de développement ? Quel sera son rôle ? Et comment doit-il œuvrer pour créer une synergie et faire adhérer l’ensemble des acteurs du territoire à sa stratégie ? Pour ce faire nous avons opté, ainsi, pour une approche globale de développement : conscients de la forte connectivité des différentes activités économiques. Du conditionnement que crée le milieu saharien (terrains de cultures limités, rareté de l’eau et des précipitations…), de la politique de gestion territoriale prônée et pratiquée par l’Etat marocain, du choix néolibéral de ce denier, des jeux politiques sur le territoire et au niveau national… nous avons vu ce sujet comme un système complexe où tous les éléments sont liés. Ce derniers font peuvent à la fois être des facteurs positifs où négatifs. Tout dépend alors du type d’organisation, du mode de gouvernance, de la stratégie adoptée et de l’engagement des différents partenaires.


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Ménadier Lydie

Paysages de fromages : sensibilités au paysage, pratiques des agriculteurs et ancrage territorial des AOC fromagères de moyennes montagnes d’Auvergne et de Franche-Comté

Thèse soutenue le 17 janvier 2012

Résumé

L’agriculture doit aujourd’hui répondre à de nombreuses attentes de la société et recouvrir diverses fonctions, au-delà de la seule production de biens alimentaires. Le maintien de paysages attractifs et qualitatifs constitue, par exemple, un enjeu fort d’actualité. Face à ces demandes, les filières d’Appellation d’Origine Contrôlée tendent à mettre en avant les liens entre les produits et les paysages pour communiquer, définir leurs spécificités, et argumenter sur leur ancrage au territoire. Or, ces liens sont rarement explicités.

Dans ce contexte, l’objet de cette thèse est de comprendre le rôle du paysage dans l’analyse de l’ancrage territorial des produits d’AOC en s’appuyant sur l’exemple des AOC fromagères de moyennes montagnes d’Auvergne et de Franche-Comté. La recherche a été menée à partir d’une approche multiscalaire, du territoire d’AOC jusqu’à l’exploitation agricole, lieu de production des objets paysagers mis en image et valorisés dans les supports de communication des filières.

Une première hypothèse a été émise, selon laquelle les liens entre produits et paysages sont une fausse évidence. Pour la vérifier, nous avons analysé, à l’échelle des territoires retenus pour l’étude, les modèles paysagers véhiculés dans les documents promotionnels et les règles des cahiers des charges ayant un impact direct ou indirect sur le paysage. Cette première entrée nous a finalement conduit à relever la présence de liens de nature différente entre les régions d’Auvergne et de Franche-Comté.

Pour approfondir l’analyse des liens entre produits et paysages et dépasser la seule réflexion sur les images, des analyses ont été menées à l’échelle des exploitations agricoles. Elles ont permis de comprendre le regard que portent les agriculteurs sur leur espace de vie et de travail, sur les images véhiculées, et sur les modalités d’ancrage territorial de leur produit. Ces analyses se fondent sur deux notions principales : celle de paysage, à l’interface des dimensions matérielles (objets) et idéelles (images), et celle de pratiques agricoles. Elles démontrent l’existence d’une sensibilité au paysage des agriculteurs, laquelle conditionne les pratiques mises en œuvre dans les exploitations et, par conséquent, l’absence ou la présence d’objets paysagers emblématiques des produits.

Pour que cette sensibilité s’exprime, nous avons élaboré une méthode d’entretien particulière, fondée sur le principe de déconstruction - reconstruction des paysages attachés à des lieux.

Au final, la compréhension du point de vue paysager et des déterminants des pratiques des agriculteurs dans la production des paysages nous a conduit à identifier diverses postures d’agriculteurs relatives à leur métier et à la place de l’animal dans le système, objet central dans la compréhension des liens entre produits fromagers et paysages. Ces postures expliquent également la force ou la faiblesse des liens entre les images promues et la réalité des systèmes de production.


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Lenain Marie-Anne

Dynamiques et accompagnement des TPE inventives en espace rural isolé. Entre territoires et réseaux. L’exemple en Cézallier, Combrailles et Millevaches

Thèse soutenue le 16 décembre 2011

Résumé

En quoi les TPE inventives sont un atout face à la problématique de l’emploi en espace rural isolé ? Plus généralement qu’apportent-elles à cet espace et comment accompagner au mieux la création de ces activités ? Cette question est approfondie sur l’exemple des régions Auvergne et Limousin à partir de travaux qualitatifs portant sur trois terrains : le plateau du Cézallier, le Parc Naturel Régional Millevaches en Limousin et le Pays des Combrailles. Les TPE inventives créent de l’emploi dans des espaces où la plupart des activités économiques sont en difficulté. Elles sont le fait d’individus mettant en place des systèmes complexes et souvent à la marge dans le but de vivre et travailler sur un territoire choisi, et sont, en ce sens, des innovations discrètes. Les modalités et le fort degré d’ancrage territorial de ces TPE inventives en font de réels atouts pour le développement territorial. Le processus de création et d’ancrage des TPE inventives se déploie par le biais de rencontres avec des acteurs de l’accompagnement à la création d’activités et des acteurs du développement territorial. La construction de réseaux professionnels et sociaux par le créateur de TPE inventives est un des résultats notables de ce processus. Si les créateurs sont très investis dans les réseaux locaux ils le sont aussi, dans une moindre mesure, dans des réseaux externes au territoire. Ils en deviennent alors de véritables acteurs du développement de leur territoire. Face à ces spécificités, la tâche des acteurs de l’accompagnement est mise en question. Si les propositions des acteurs institutionnels sont le plus souvent en difficulté face aux TPE inventives, d’autres acteurs déploient des dispositifs répondant mieux à leurs caractéristiques. Enfin, le rôle des collectivités territoriales et des territoires de projet est essentiel dans l’appui à la création des TPE inventives à travers la fonction d’animation territoriale facilitant la mise en réseau et l’organisation territoriale des différents acteurs en lien avec ces TPE.


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Planchat-Héry Claire

Du paysage aux intentions d’aménagement : usage des représentations paysagères pour la planification de l’agriculture dans les territoires périurbains – Élaboration d’un itinéraire méthodologique de vision prospective pour le Plan Local d’Urbanisme de Billom (France) et la Charte Paysagère du Parc Naturel de la Vallée d’Attert (Belgique)

Thèse soutenue le 6 décembre 2011

Résumé

Outre la production, les espaces agricoles sont le support de multiples fonctions (pratiques récréatives, touristiques, écologiques, etc.). Dans les territoires périurbains, cette multifonctionnalité des espaces agricoles est aujourd’hui reconnue par les procédures d’aménagement. Cependant l’élaboration d’orientations de gestion pour préserver l’équilibre entre ces usages ainsi qu’un maintien d’une « qualité paysagère » s’avère difficile pour les porteurs de projets d’aménagement. Dans les documents d’urbanisme, l’espace agricole est souvent considéré selon sa valeur spatiale et foncière en tant qu’espace disponible pour l’urbanisation. Les exploitants et propriétaires de foncier ont-ils les mêmes considérations ?

Nous proposons et analysons un dispositif participatif basé sur l’usage de représentations paysagères pour favoriser le dialogue entre porteurs de projets d’aménagement, agriculteurs et propriétaires. Le dispositif que nous avons conçu vise à aider les acteurs à construire leurs intentions d’aménagement vis-à-vis de l’agriculture. Pour ce faire, nous nous sommes appuyés sur le cas de deux communes européennes francophones, soit deux contextes de procédures d’aménagement différents. Il s’agit de la commune de Billom (France) à travers la mise en oeuvre de son Plan Local d’Urbanisme (2006-2008) et de la commune d’Attert (Belgique) dans le cadre de la future Charte Paysagère du Parc Naturel Communal (2007-2009).

Nous posons l’hypothèse que la mobilisation des représentations paysagères comme support de dialogue entre élus et agriculteurs, à travers un dispositif méthodologique spécifique, permet de révéler leurs intentions d’aménagement (agricoles et urbanistiques). Ce dispositif vise également à accompagner la maîtrise d’ouvrage dans l’intégration à la procédure de ces intentions d’aménagement.

La complémentarité des applications du dispositif en France et en Belgique nous a permis de construire un Itinéraire Méthodologique de Vision Prospective (IMVP). Il est composé de cinq modalités d’usage des représentations paysagères :
  • 1. l’expertise,
  • 2. l’identification des intentions d’aménagement de chaque participants au dispositif,
  • 3. la caractérisation du cadre de vie à partir d’ateliers de construction de vision prospective négative,
  • 4. le partage d’une vision prospective positive et opérationnelle des arguments et intentions à intégrer dans la procédure de planification,
  • 5. l’évaluation de l’intégration des intentions des acteurs dans le projet de territoire. Pour formaliser et articuler ces modalités en étapes méthodologiques, nous avons complété la grille de lecture des typologies des interventions paysagères locales de Moquay et al. (2007) en la développant en amont (Charte Paysagère du Parc Naturel Communal d’Attert) et au cœur (PLU de Billom) des procédures.

Nous distinguons deux niveaux d’implication du chercheur. Nous nous plaçons à la fois dans une posture de médiation pour fédérer les acteurs dans la démarche, mais aussi dans une posture d’observation et de décryptage des représentations et des intentions d’aménagement sur les composants paysagers retenus par les acteurs. L’IMVP permet donc de s’inscrire dans un processus d’aide à la décision pour les agriculteurs et les élus dans la définition de la place de l’agriculture dans leur projet de territoire. Il offre aux aménagistes des grilles de lecture pour la construction et l’analyse des intentions d’aménagement des acteurs d’un territoire dans les démarches de concertation. L’IMVP peut également servir de guide méthodologique, répondant ainsi à la demande croissante d’outils de dialogue et de visualisation des enjeux du territoire pour accompagner la planification.


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Pinteau Fabrice

Le tourisme en Croatie - De la création d’une image touristique à son instrumentalisation


Thèse soutenue le 30 septembre 2011

Résumé

La thèse que nous menons s’intéresse principalement à la question du redémarrage de l’activité touristique dans une destination où une crise politique (guerre de la fin de la Yougoslavie) a eu de nombreuses conséquences : nous nous demanderons notamment s’il y a une véritable rupture ou s’il ne s’agit que d’une continuité par rapport à la période précédente. Il s’agit de comprendre comment s’effectue ce redémarrage et quels en sont les facteurs.

L’étude des formes de tourisme qui sont actuellement développées permet de souligner les nombreux héritages de la période yougoslave et, pourtant, tout semble être fait pour que la Croatie apparaisse comme « une nouvelle destination méditerranéenne ». Nous verrons comment le pays essaye de développer de nouvelles formes touristiques différentes de l’activité balnéaire dominante. Le rôle de la promotion touristique sera donc particulièrement analysé.

Dès lors, nous cherchons à comprendre quels sont les atouts que cette promotion souligne mais également pourquoi l’image d’une destination « nouvelle » et « méditerra¬néenne » est largement diffusée. Notre posture de thèse est, en effet, de considérer le tourisme comme un medium du nationalisme croate. Le fait d’insister sur certains aspects culturels du pays peut être appréhendé comme une volonté de se distinguer des autres pays de l’ex-Yougoslavie. Le tourisme peut, en effet, être, volontairement ou inconsciemment, vecteur de messages nationalistes puisqu’il souligne des éléments identitaires. Notre analyse cherche donc à mener une relecture identitaire de l’image touristique.


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Delfour Julie

« Sauvagine » - Hommes et petits carnivores sauvages dits « nuisibles » - Partage des territoires, partage des connaissances

Thèse soutenue le 13 septembre 2011

Résumé

L’avancée des forêts au Moyen Âge confinait à une proximité inquiétante avec des animaux sauvages qui échappaient à notre volonté de maîtrise et de contrôle, engendrant d’inévitables conflits de territoire. Ces conflits sont à l’origine du classement de certaines espèces dans la catégorie des « nuisibles ». Les plus étudiés d’entre eux demeurent les grands prédateurs, loup et ours notamment. Nous avons choisi de nous intéresser à cinq mustélidés présents en Midi-Pyrénées : la belette (Mustela nivalis), la fouine (Martes foina), la martre (Martes martes), le putois (Mustela putorius) et le vison d’Amérique (Mustela vison). Car les mustélidés ont beau être des prédateurs plus discrets en taille comme en popularité, ils n’en demeurent pas moins étroitement dépendants des « respirations » de l’imaginaire humain. Leur mode de vie, leurs mœurs nocturnes et leurs comportements furtifs sont le terreau sur lequel poussent et se nourrissent les perceptions humaines. Brossant le portrait de cette insaisissable engeance, regroupée par les piégeurs sous le vocable collectif de « sauvagine », nous engageons une réflexion pluridisciplinaire réconciliant sciences naturelles et humaines et mêlant plusieurs approches capables de s’éclairer et de se répondre : géographie, anthropologie, écologie et symbolisme.

C’est à même le substrat biologique que vont s’enraciner les représentations symboliques associées à ces animaux, et c’est ici que vont se cristalliser à la fois cette forme d’ondoyance si particulière qui les caractérise et son corolaire, le jeu, lesquels participent à l’échec de la domestication. Eternels « hors-la-loi », les mustélidés déjouent nos tentatives de les cerner, de les identifier et de leur assigner un territoire parfaitement distinct du nôtre. Le partage des territoires échoue, l’homme échouant à tenir ces petits animaux ondoyants en respect, à leur place, de leur côté de la barrière. La transgression est permanente et ses conséquences, notamment le jeu qu’elle impose dans l’ordre établi, particulièrement riches d’enseignements pour le chercheur…

L’étude des écrits naturalistes anciens, associée à un travail d’enquête auprès de naturalistes et de piégeurs dans les campagnes de moyenne montagne du sud-ouest du Massif central (Aveyron, Tarn et Tarn-et-Garonne), permet de mieux appréhender l’évolution de la notion d’animal « nuisible » et sa perception par les acteurs de terrain. Les « nuisibles » déjouent nos tentatives de les cerner, de les identifier et de leur assigner un territoire parfaitement distinct du nôtre. Ils offrent une illustration exemplaire de l’homme confronté au sauvage et permettent une analyse de l’hésitation permanente entre ordre et désordre, partage et partage, altérité et identité.


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Fererol Marie-Eve

Les petites villes des espaces fragiles. Comparaison des petites villes du sud du Massif central et de la Castille


Thèse soutenue le 3 décembre 2010

Résumé

Nos problématiques de recherche s’axent sur deux thèmes prometteurs : les petites villes et les espaces interstitiels. Il est vrai que de nombreux travaux se sont penchés sur la petite ville. Pourtant, cette notion revêt toujours un caractère incertain. En effet, qu’appelle-t-on petite ville, à l’aube du troisième millénaire où s’exerce la mondialisation et son corollaire la métropolisation, et où la ville en général connaît régulièrement des « crises existentielles » ? Un deuxième motif d’aborder les petites villes répond à une hypothèse de départ qui est que cette entité urbaine s’avère indispensable au bon fonctionnement des espaces interstitiels, fragilisés. Diverses raisons peuvent être à l’origine de cette fragilité : faibles densités, localisation à l’écart de régions économiquement fortes ou, au contraire, trop grande proximité avec la métropole. Malgré les difficultés réelles ou supposées, il faudra se poser la question du renforcement du rôle des petites villes, symboles de résistance dans ces milieux « hostiles ». Cela passera-t-il par une meilleure redistribution des activités économiques, par la création de territoires plus pertinents, par des réseaux de villes, voire par une sélection « naturelle » et irrémédiable à l’intérieur du lot ? Toutefois, avant de s’attarder sur les spécificités de la petite ville, et ce, grâce à un replacement dans un milieu de conditions extrêmes, l’impérieuse nécessité de redéfinir la ville se fait sentir. Nous nous proposons de poursuivre les travaux de certains sociologues et géographes qui ont commencé à montrer que, aujourd’hui, la ville représente autre chose qu’un objet physique, constitué de bâti. Le support spatial du sud Massif central ne saurait suffire, compte tenu d’une approche trop franco-française. Pour cela, nous élargirons notre terrain d’étude à la Castille / Estrémadure.


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Christine ROUX

Hystérésis et dynamiques agricoles dans les territoires du nord Beira portugais


Thèse soutenue le 12 novembre 2010

Résumé

Les territoires du Nord Beira portugais présentent une situation extraordinaire de maintien d’une agriculture paysanne de minifundium nord-ouest ibérique et, ce, malgré les signes de déprise perceptibles à travers les recensements agricoles de 1989 et 1999. Cette situation est singulière par rapport au modèle de la moyenne montagne fragile construit par les géographes de Clermont-Ferrand. Dans les montagnes du Sud de l’Europe, les hautes terres se sont, soit vidées comme en Espagne, soit orientées vers des systèmes extensifs et de production de qualité peu peuplant comme dans le Massif central. Le cas des territoires du Nord Beira se révèle donc exceptionnel. Le maintien d’un nombre important de micro-exploitations depuis la « révolution des œillets » traduit une forte capacité à intégrer un héritage, une mémoire d’une agriculture traditionnelle dans les évolutions en cours. Il s’agit d’un phénomène d’hystérésis dont la définition a été enrichie à partir d’une approche interdisciplinaire en sciences physiques et en sociologie. L’outil conceptuel éclaire le mode d’articulation entre les innovations agricoles impulsées par la PAC appliquée depuis 1994 et les permanences (effets de lenteur, de résistance, de métissage). Il permet d’analyser les causes liées à une interaction entre des éléments constitutifs des territoires du Nord Beira (choix politiques des gouvernements portugais depuis 1974, représentations négatives de la montagne dans la culture portugaise) et une conjoncture (application de la PAC dans l’esprit de la réforme de 1992 et processus de patrimonialisation de l’agriculture traditionnel émanant d’une nouvelle donne sociale). Il questionne le sens des évolutions en cours dans un contexte social européen favorable à l’agriculture durable.


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Françoise COGNARD

Migration d’agrément » et nouveaux habitants dans les moyennes montagnes françaises : de la recomposition sociale au développement territorial. L’exemple du Diois, du Morvan et du Séronais


Thèse soutenue le 2 février 2010

Résumé

Cette thèse de géographie s’attache à mieux comprendre les phénomènes migratoires contemporains affectant les espaces ruraux des moyennes montagnes françaises, en particulier au travers des exemples du Diois (Drôme), du Morvan (Nièvre) et du Séronais (Ariège), en mobilisant le concept nord américain d’« amenity migration » ou « migration d’agrément », comme clé de lecture des processus en cours. La première partie (chapitre I, II et III) constitue une présentation générale du mécanisme de « renaissance rurale » et du développement des « migrations résidentielles » dans les territoires ruraux de moyenne montagne. La seconde partie (chapitre IV à VII) est consacrée à une analyse qualitative des acteurs de ces migrations (actifs, retraités, en situation de fragilité sociale et migrants nord européens), de leurs motivations et de leurs critères d’installation en moyenne montagne, alors que la troisième partie (chapitre VIII à IX) se situe davantage dans l’optique des territoires. Elle s’attarde sur les recompositions socio-spatiales liées à ces arrivées, à la fois dans une perspective de développement, mais aussi en tentant de prendre en compte les éléments de tension et de fragilisation potentielles pour les sociétés locales. Enfin, elle examine la prise en compte de ces nouveaux enjeux, notamment en termes d’attractivité territoriale, par les politiques d’accueil en milieu rural.


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Adèle KUENTZ

Dynamiques actuelles et holocène de la Puna (Andes sèches du Pérou) à partir des observations de terrain, de la cartographie (SIG) et de la palynologie (région du Nevado Coropuna)


Thèse soutenue le 03/12/2009

Résumé

Les Andes Centrales présentent une multitude de milieux biogéographiques qui ont évolué à différents rythmes durant l’Holocène et au cours de l’histoire. L’objectif de cette thèse est de définir et de caractériser l’étage biogéographique actuel de la Puna (3 500-5 200 m) au sud du Pérou puis d’y étudier les changements de la végétation durant l’Holocène. Les géosystèmes entourant le volcan du Nevado Coropuna sont cartographiés selon une approche systémique. Un atlas de grains de pollen actuels de la région comprenant 81 taxons est réalisé. Un gradient altitudinal est établi sur le versant occidental du sud du Pérou pour ce qui relève de la pluie pollinique, avec la succession d’Ambrosia (1 800-2 200 m), de Malvaceae (2 700-3 300 m), de Senecio (3 500-4 100 m) et d’Apiaceae (plus de 4 600 m). Un travail pionnier.


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Jean-Baptiste GRISON

La très petite commune en France : héritage sans avenir ou modèle original ?


Thèse soutenue le 2 décembre 2009

Résumé

En France, le maillage administratif et la répartition de la population sont tels qu’un peu plus d’un millier de communes ont moins de 50 habitants au recensement de 1999. Six cents autres ont été recensées en dessous de ce seuil lors d’un ou plusieurs dénombrements depuis 1962. Face aux exigences actuelles, en matière de gestion du territoire et d’action politique, le statut et les capacités des plus petites collectivités territoriales font l’objet d’un débat récurrent depuis de nombreuses décennies. Les géographes ont assez peu contribué, jusqu’à ce jour, à ce débat. Cette thèse de géographie a pour objet d’apporter un angle de vue général (à l’échelle de l’ensemble du territoire national) et géographique, en traitant en particulier les questions de la répartition des très petites communes, de leurs modes de vie et dynamiques spécifiques, ainsi que de la construction territoriale particulière dont elles sont l’héritage et qu’elles engendrent encore aujourd’hui. Les interactions spatiales entre les plus petites unités et les communes voisines plus peuplées, ainsi que les opportunités de regroupements intercommunaux, sous diverses formes, sont également abordées. Ces très petites entités, dont le potentiel et les perspectives sont aléatoires, nous permettent de mettre au jour l’ampleur de la variabilité du modèle français d’organisation de la gestion territoriale et du développement local.