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Journées d'études

Journées d'études

Ecriture et territoire
20-21 juin 2014 - MSH Clermont-Ferrand

Organisées par le CELIS et le CERAMAC les 20 et 21 juin 2014, ces deux journées d’études sur le thème « Ecriture et territoire », se proposent de rassembler géographes et littéraires, écrivains et universitaires dans la continuité des programmes de recherches interdisciplinaire MSH LIDO et « Imaginaire des lieux », engagés autour de la problématique de la représentation des « lieux » (par la carte, l’image, les mots) et la dialectique des lieux et des œuvres (passage du lieu à l’œuvre et de l’œuvre au lieu).

L’intérêt des sciences humaines pour les représentations littéraires ou iconographiques des lieux n’est pas récent : les pratiques et les représentations spatiales intéressent le champ d’études des historiens, des historiens de l’art et des littéraires qui rencontrent dans leurs démarches archéologues et géographes. C’est bien dans l’activité humaine, objet de toutes ces disciplines, que se créent les espaces, vécus, imaginés, symbolisés, représentés…

D’une manière générale, il s’agira de s’interroger sur le rôle et l’histoire des représentations (Bailly et Debarbieux, 1984 ; Bailly, 1993) et d’insister sur la singularité des trajectoires spatio-temporelles : en quoi l’espace intervient-il dans la production artistique, dans l’écriture ? Comment un lieu est-il singularisé ou cesse-t-il de l’être ? Nous partons de l’hypothèse que l’imaginaire (Debarbieux, 1992) est toujours référencé à des lieux, que ceux-ci sont reconstruits par la perception du « transcripteur » influencé par sa culture, qu’il soit cartographe, peintre, écrivain ou voyageur. La posture adoptée par l’artiste (local, déraciné, nouvel habitant…) ou le voyageur (pèlerin, explorateur, promeneur…) comme sa qualité (homme ou femme, oriental ou occidental, salarié de la plume ou soldat…) déterminent sa vision du monde, ce qui nous conduit plus particulièrement, dans une optique comparatiste, à vouloir saisir le lieu dans un contexte de mobilité et d’interculturalité.

Si l’œuvre restitue le lieu par le parcours physique et intellectuel du transcripteur, en retour, elle lui donne du sens. Dès lors, on peut aussi s’interroger sur la réception de ce regard extérieur par les pratiquants du lieu (habitants ou touristes) ; plus généralement, comment les sociétés s’emparent-elles des œuvres pour construire des lieux ? La dialectique des lieux et des œuvres peut se traduire en effet par leur transformation en lieux remarquables, voire en véritables hauts lieux, par accumulation des représentations. Comment et dans quelles configurations, historiques, sociales, l’écriture peut-elle changer le regard sur les lieux ? Quelle poétique des lieux a ainsi été diffusée et comment ces perceptions et descriptions ont-elles évolué avec les temps ? Comment les représentations artistiques et littéraires participent-elles (ou non) à l’imaginaire géographique ? Au cours de ces journées d’études, on s’intéressera tout particulièrement aux représentations des lieux dans les œuvres littéraires faisant référence à un certain esprit de « régionalité ». Il y a une vingtaine d’années, Thiesse (1991) publiait avec Écrire la France, une étude du mouvement littéraire régionaliste de langue française entre la Belle époque et la Libération, qui venait compléter le travail de Paul Vernois (1962) sur l’étude du roman rustique de 1860 à 1925. Un travail de cette sorte reste à faire sur la période contemporaine. Il permettrait d’élargir la réflexion à la question de la « région » dans la littérature française, voire européenne ou d’autres continents. Au « régionalisme », on préfèrera en ce cas le concept de « régionalité », plus neutre (il n’implique pas une position militante) et surtout moins connoté dans son lien passéiste au terroir. Il sera davantage susceptible d’intéresser les chercheurs étrangers : le terme est déjà utilisé au Québec (Langevin, 2010) qui, de fait, a aussi été surnommé la « belle province ». Il existe en effet un corpus francophone (E. Dupont, F. Blais ou H. Bouchard par exemple) susceptible d’être confronté à celui du Massif central. On distinguera une littérature régionaliste, qui fait revivre le passé du monde rural et cède souvent au lyrisme du terroir, d’une littérature qui a un rapport plus distancé à la région, à ses paysages et à son histoire.

Ces journées d’études comporteront deux volets :

  • Le premier permettra d’explorer les divers liens associant écriture et territoire (passage du lieu à l’œuvre et de l’œuvre au lieu) dans divers contextes nationaux (français, canadien, espagnol…).
  • Le second s’attachera plus particulièrement à l’œuvre de deux écrivains singuliers, invités à l’occasion de ces journées d’études : Marie-Hélène Lafon et Mathieu Riboulet.

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