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Soutenance de thèse

Soutenance de thèse

Le tourisme en Tunisie et la prise en compte du développement durable : Le cas du tourisme saharien

Présentée et soutenue publiquement par Mme Hannen MAALLI le 8 juin 2015 à 14 h, amphi, IADT, 51 bd François Mitterrand, Clermont-Ferrand.

Jury :

  • M. Jean-François MAMDY, Professeur émérite, Vetagrosup, Clermont-Ferrand, Rapporteur
  • M. Hichem REJEB, Professeur, Institut Supérieur Agronomique de Chott Mariem, Sousse,
  • Rapporteur.
  • M. Daniel RICARD, Professeur, Université Clermont -Ferrand II Blaise Pascal,
  • Directeur de thèse.
  • M. Laurent RIEUTORT, Professeur, Université Clermont-Ferrand II Blaise Pascal.
  • M. GILLES. FUMEY, Professeur, ESPE, Paris–Sorbonne, Rapporteur.

Résumé :

L’idée générale de mon travail est d’évaluer la situation actuelle du secteur touristique en Tunisie, qui est considéré comme un secteur clé du développement socioéconmique.

Le développement de ce secteur touristique générateur de richesses ne doit cependant pas proliférer au détriment des ressources naturelles, qui ne sauraient être exploitées sans précautions. En effet, la perte de valeurs naturelles et culturelles représenterait en quelque sorte une agression à la mémoire du pays. Les richesses devront au contraire être exploitées dans le cadre d’une gestion stricte et réglementée.

Pour ce faire, la Tunisie semble avoir renoué avec d’autres notions, notamment le développement durable. Cette notion s’intègre donc dans un cadre global de projet de société, où la stratégie de développement est souvent équilibrée. Elle concilie à la fois les domaines économiques, sociologiques et écologiques, et assure également un développement aux populations sans pour autant mettre en péril le développement des générations futures.

S’inscrivant dans cette logique, l’état tunisien a envisagé diverses approches territoriales du développement durable tels que :

  • l’élaboration des plans directeurs d’aménagement pour les zones littorales surchargées (Djerba - Sousse –Hammette…) ;
  • la diversification du produit touristique et la promotion d’autres types de tourisme (tourisme oasien et saharien au sud, écotourisme et tourisme rural au nord) ;
  • la mise en place d’une réglementation financière et fiscale pour limiter les rejets du secteur sur l’environnement.
  • C’est pourquoi, pour tenter de comprendre ces notions et leur complexité, il convient de s’interroger sur les implications territoriales du tourisme et du développement durable en Tunisie et plus spécifiquement dans la région du Sud-Ouest « Tozeur ».

Le développement dans le sud Tunisien se concevait au début du vingtième siècle sur la base de l’exploitation de ses ressources minières et plus particulièrement les phosphates. Cette notion de développement a trouvé dans la Tunisie de l’indépendance une nouvelle orientation dans le cadre d’une perspective qui vise le progrès social en même temps que le développement économique. Les pouvoirs publics se sont vite rendus compte que ce développement passe par la sédentarisation des populations nomades et semi-nomades, ainsi que par la mise en valeur agricole et le tourisme.

La concrétisation du développement touristique en tant que moyen de progrès social et économique de la région n’a commencé à devenir une réalité qu’avec le choix de la planification économique à l’échelle du pays. Pour que ces territoires acquièrent un certain niveau de développement et intègrent l’économie nationale de leur pays, le gouvernement tunisien a décidé de mettre en valeur les potentialités touristiques de leurs oasis, à travers une stratégie qui vise le développement régional du sud tunisien par l’introduction d’une activité économique moderne qui favorise le rattrapage des retards d’équipements et d’infrastructures et qui génère des effets bénéfiques sur les autres secteurs de l’économie régionale.

Le choix du tourisme dans ces régions en tant que facteur de développement a pointé cinq objectifs de nature socio-économique qui se traduisent systématiquement par des effets directs et indirects sur l’économie régionale et nationale. Le développement accéléré de la région doit être en fait le résultat ultime de tous ces effets : création d’emplois, intensification de l’artisanat local, du commerce et du transport spécifiques, et ensuite augmentation du produit national par un important apport de devises.

Pour réaliser ces objectifs ambitieux, le sud tunisien ne manque pas d’atouts. Les plus importants étant la proximité du marché touristique européen et l’exceptionnelle diversité du produit : les oasis de Tozeur et de Kébili, considérées parmi les plus belles du monde, le Chott Djérid, avec sa façade translucide sous l’effet des cristaux salines, ce désert de sable aux nuages exceptionnels en passant par les Ksours de Tataouine et les villages berbères de Chenin et Douiret, sans oublier les oasis de montagne de Tamerza, Chebikha et Midés.

Néanmoins, le tourisme qui s’y développe est souvent peu adapté aux territoires oasiens et sahariens.

Il est de ce fait nécessaire de mettre en place un tourisme oasien et saharien fondé sur des projets ascendants et participatifs, une réglementation précise et une contractualisation entre les collectivités locales et les professionnels du tourisme.

« Le tourisme saharien n’est pas n’importe quel tourisme. Au Sahara, c’est le contexte qui est primordial ; la consommation du touriste est essentiellement symbolique puisque la première jouissance est celle du regard sur les gens et les choses, le silence et l’immensité. » (Rachid Sidi Boumediene ; Le Sahara des cultures et des peuples : Vers une stratégie pour un développement durable du tourisme au Sahara dans une perspective de lutte contre la pauvreté ; L’UNESCO ; P:7 ; Paris, Juillet 2003)