Programme de la Région Auvergne 2011-2014

Programme de la Région Auvergne 2011-2014

Les interactions entre maintien de l’élevage et développement des territoires : pratiques individuelles et leviers d’action collective, en collaboration avec l’UMR Métafort

Programme de la Région Auvergne 2011-2014

L’activité d’élevage est très importante dans les montagnes européennes, à la fois du point de vue économique, de l’occupation des sols, du paysage et de l’écologie. Cette activité doit répondre aujourd’hui à un grand nombre d’enjeux globaux (environnement, alimentation). Elle doit également participer au développement durable des territoires.

Le projet soutenu par la Région Auvergne s’inscrit dans le domaine de recherche sur les interactions entre « élevage » et « territoire » : l’élevage est considéré comme une activité humaine ancrée dans le territoire et fondée sur l’exploitation d’animaux domestiques à des fins diverses et selon des modèles économiques variés ; le territoire est pris comme construit social.

L’objectif du projet est de produire des connaissances pour comprendre et rendre compte des moteurs locaux de changement dans les interactions élevage-territoire. Cela implique l’analyse des conditions territoriales d’émergence et de développement de dynamiques de transformations des systèmes d’élevage. Plus précisément, le projet est centré sur la question du maintien de l’activité d’élevage dans des territoires où se pose fortement la question du devenir de cette activité, soit parce qu’elle est en conflit avec d’autres usages de l’espace (forêt, urbanisation) soit parce qu’elle se trouve sous contrainte environnementale et paysagère. Le projet a ainsi pour ambition d’identifier les leviers d’action locaux permettant le maintien de l’activité d’élevage dans ces territoires.

Cette question renvoie à l’analyse de la mise en cohérence des fonctions de production et des enjeux liés aux fonctionnements des agro-écosystèmes impliquant différents acteurs. Il s’agit donc d’analyser la place des activités d’élevage dans ces territoires porteurs d’enjeux multiples et les capacités des agriculteurs à tirer parti de ces situations et à transformer en ressource ces enjeux sur les territoires dans une perspective de valorisation de leur activité.

L’hypothèse générale sur laquelle repose ce projet est celle d’une nécessaire coordination entre différents niveaux d’organisation pour le maintien de l’activité d’élevage : celui de l’éleveur et du système d’élevage ; celui du collectif d’éleveurs et des acteurs du territoire ; celui des institutions locales publiques et privées qui peuvent faciliter et/ou impulser l’émergence d’initiatives individuelles et collectives. La question qui est au cœur du projet est de comprendre comment s’articulent les stratégies individuelles, collectives et institutionnelles de maintien de l’activité d’élevage dans les territoires où se pose la question de son devenir.

Le projet se décline en deux volets traités conjointement dans le cadre de deux thèses.


  • Dans un premier volet, nous nous intéresserons aux cas où l’activité d’élevage est mise en difficulté par les questions environnementale et paysagère, dans le cas spécifique des territoires à haute valeur paysagère.
  • Dans le second volet, nous nous intéresserons aux cas où le maintien de l’activité d’élevage est mis en question du fait de la concurrence des marchés et des effets de la concurrence spatiale (périurbanisation, conflits d’usage avec l’activité forestière) et où les solutions à rechercher portent sur de nouveaux modes de valorisation de cette production.

Pour ces deux volets, nous privilégions chaque fois l’analyse comparée de plusieurs terrains afin de dégager les invariants des spécificités locales :

  • des terrains auvergnats où sont implantées les équipes de recherche impliquées dans ce projet, sur lesquels seraient élaborées les grilles d’analyses et engagés les premiers résultats ;
  • des terrains étrangers (Suède, Portugal, Réunion, Québec), sur lesquels les membres du projet ont développé des réseaux de partenariat, et sur lesquels seraient mis à l’épreuve les résultats et démarches développés sur les terrains français.

Le consortium impliqué dans le projet s’articule autour de 2 laboratoires de recherche :

  • le CERAMAC,
  • l’UMR Metafort (INRA, Cemagref, Vetagrosup, AgroParisTech).

Ces équipes participantes sont investies sur les questions de développement des territoires ruraux et les problématiques agri-environnementales et possèdent déjà une longue habitude de travail en commun. Le projet devrait permettre de renforcer la synergie des recherches sur les interactions entre les transformations des activités agricoles et la dynamique des territoires.

Outre les deux thèses prévues, la valorisation du projet se fera via :

  • la valorisation et l’animation scientifiques,
  • la participation au réseau international « Elevage et Territoire »,
  • le renforcement des échanges avec les partenaires locaux de développement,
  • la valorisation pédagogique dans les unités d’enseignement,
  • le transfert aux techniciens agricoles et agents de développement.